Début janvier, vous aller trouver en librairie un nouvel ouvrage des Éditions d’Organisation qui nous concerne puisque le sujet est Blogueur d’entreprise.
Son auteur, François Nonnenmacher, tient un blog que je ne peux que vous recommander (il y a un fil RSS pour le suivre) et en prépare un nouveau, spécifiquement centré sur le sujet de son livre.
Je ne connais pas l’auteur (sauf quelques échanges ces derniers jours par courriel), je n’ai pas lu son livre.
Par contre, à l’occasion de la sortie de ce livre, j’avais envie de vous montrer le dessous des cartes, à savoir comment une couverture de livre se fabrique. Et, accessoirement, le temps que cela prend !
Si vous avez envie d’en savoir plus, c’est ici…
D’abord un aperçu de la couverture finale…
Retour en arrière…
Je suis abonné aux livres sur les blogs, c’est un hasard.
Et il ne fait pas trop mal les choses, le hasard, vu de mon écran.
Tout est venu du premier livre de Cyril Fievet, Apple Pixar Mania.
Mon éditeur, Joël Seguin, cherchait un auteur pour un livre sur Steve Jobs. Je les ai présenté et cela a donné le livre que vous connaissez en février 2004. Sur la couverture du Pixar, rien n’était gagné, j’ai été en concurrence avec d’autres équipes talentueuses et j’ai eu la chance que mon projet ait été retenu.
Sur ce, j’ai réalisé la couverture du livre de Blog Story (sorti en septembre 2004) (le livre de Cyril et Emily). Puis, contacté par Dunod, j’ai réalisé la couverture du livre de Loïc Le Meur (Blogs pour les pros) en octobre 2005 pour Romain Hennion.
Entre temps, dès octobre 2004 (une année avant), j’ai été approché pour réaliser celle d’un livre qui devait porter le titre de Blog & Cie. Comme le livre de Cyril venait de sortir, l’idée était de rester pour la première maquette d’intention sur une continuité visuelle avec l’emploi de la typo Big Limbo et l’utilisation du Balkis Orange, un papier vergé teinté dans la masse de chez Lana. À vous d’imaginer l’aspect vergé sous l’aplat orange…!
Le projet ayant été âprement discuté par les commerciaux, mon éditeur m’a demandé en février 2005 d’utiliser une variante de papier (un Balkis Ocre vergé) et en profite pour modifier le titre. Je rappelle que l’ouvrage s’écrivait pendant ce temps là et que éditeur et auteur ont énormément discuté.
Et puis, l’ouvrage a changé de format et de titre en août 2005. Du coup, on est reparti à zéro et j’ai proposé pour le nouveau titre, de blog à oreille…, ceci :
Bien qu’acceptée, la couverture a été de nouveau discutée et, en septembre 2005, changement de titre et surtout d’ambiance. L’éditeur souhaitait après réflexions et discussions en interne une couverture beaucoup plus classique pour trancher avec l’univers du net. Et, surtout, une couverture totalement typo.
Pour m’expliquer son souhait, Joël m’expédie un visuel qu’il avait récupéré sur Macdigit (!!)… Et ce visuel n’était autre qu’un extrait d’une photo (ici en entier) que j’avais faite à Belle-île cet été ! Il s’agit du comptoir de la librairie “L’usage du monde” (je sais, cela semble complètement dingue mais c’est la stricte vérité)…
Du coup, j’ai eu envie d’utiliser du Nicolas Cochin (pas très évident) pour le titre ainsi que réaliser la frise de typo sous Illustrator pour évoquer les mille et une prise de parole des blogueurs.
Joël Seguin m’a demandé si on ne pouvait pas poursuivre sur la tranche et on a fini par imaginer une bande qui couvre toute la couverture !
Bref, j’ai sélectionné des typos que j’aime bien donc celles de Jean-François Porchez, monté mes roughs puis composé la couverture. Ne croyez pas que cela a été de tout repos car on a changé de format en largeur pour revenir à la mi-décembre quasiment au format initial. Je vous fait grâce du nombre de roughs, pdfs expédiés, retouches et temps passé, c’est la norme dans mon métier.
Voici une vue de la version finale à plat…
En résumé, une couverture de livre, c’est :
— beaucoup de temps entre le démarrage et sa finalisation (quand il y a finalisation), là plus de 14 mois, ce qui n’a rien d’extravagant sans être la norme.
— des maquettes d’intention qui sont des roughs pour se rendre souvent compte de la pertinence du titre.
— beaucoup de discussions et de propositions, essentiellement sur les trois derniers mois (entre la maquette d’intention du départ et celle qui a été imprimée, vous pouvez comprendre la problématique des commerciaux…). Car il y a plusieurs barrages à franchir, dont celle que les auteurs et lecteurs ignorent, à savoir vendre la couverture au sein même de la maison d’édition.
— des changements stratégiques de titre pour coller à la thématique du livre
— des changements possibles de formats sur la maquette d’exécution pour optimiser les coûts d’impression et/ou s’adapter au rayon.
— Un travail également sur la quatrième et la tranche du livre. Tout dépend du rayon, mais la quatrième peut demander “exceptionnellement” plus de temps que la première…! Pensez à l’ajustement des textes, aux photos des auteurs, au rappel de la première, ajustement du code barre, des mentions diverses et variées et aux corrections d’auteur.
— des envois en .pdf des maquettes avec la validation par la fabrication en fin de chaîne, adaptation exact de l’épaisseur de dos en fonction de l’information fournie par l’imprimeur. Cette valeur peut changer alors même que la couverture est validée, l’imprimeur demandant parfois, suite à un changement de qualité ou d’origine du papier, que l’on réajuste cette valeur.
— et tout ceci pour un forfait fixé et inamovible.
Question subsidiaire… à quel prix estimez-vous une telle couverture ? Sachant que c’est un plat de couverture pour un “hors collection”, vous optez pour :
425 € ht ; 574 € ht ; 698 € ht ; 876 € ht ou 1048 € ht ?
••• edit | décembre 2024 | Et je suis toujours en relation avec l’auteur via Mastodon…